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Le divorce est toujours une épreuve délicate. La vivre avec un tout-petit rend les choses encore plus compliquées. Voici quelques pistes pour préserver la famille, même si le couple, lui, est arrivé au bout de son histoire.

04/06/2016
Le divorce est toujours une épreuve délicate. La vivre avec un tout-petit rend les choses encore plus compliquées. Voici quelques pistes pour préserver la famille, même si le couple, lui, est arrivé au bout de son histoire.

Le divorce est toujours une épreuve délicate. La vivre avec un tout-petit rend les choses encore plus compliquées. Voici quelques pistes pour préserver la famille, même si le couple, lui, est arrivé au bout de son histoire.

Voilà, c'est fini. On aurait aimé qu'il en soit autrement mais à quoi bon tirer sur la corde d'une histoire qui s'effilochait? Alors on se sépare. Seulement, il y a cet enfant de moins de trois ans entre deux adultes, dont on souhaite préserver l'équilibre, tout en sachant bien que les choses ne seront plus comme avant. A chaque âge ses spécificités et ses besoins. 

Comment expliquer la séparation?

Quand Clémence, 35 ans, et son compagnon ont décidé de divorcer, leur fille Esther avait 16 mois. Sa maîtrise du langage était balbutiante et la jeune femme s'est retrouvée face à un dilemme: comment savoir si le message était passé? "J'ai choisi d'être pragmatique. Je lui ai dit que ses parents se séparaient, qu'elle aurait dorénavant deux maisons. Que parfois, quand elle serait chez l'autre, son père ou moi lui manquerions, mais qu'il y aurait moins de disputes."  

 

Pour le docteur Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre et directeur du Centre Médico-Psychologique de Paris XV, avant de dire les choses à son enfant, le parent doit être capable de se les formuler à lui-même. "Une séparation, ça se prépare, explique-t-il. Le père et la mère doivent s'entendre sur les modalités à court, moyen et long terme. Durant la phase pré-verbale (de 0 à 12 mois environ, ndlr), le petit se régule sur les émotions de ses parents."  

Ainsi, plus on sera clair avec soi-même, plus la situation le sera pour l'enfant. Avec le bébé, Gérard Poussin, psychologue et psychothérapeute, préconise d'utiliser des mots simples et de "regarder le petit en plaçant sa voix pour capter son attention". 

Garde alternée ou pas?

 

Avec le père de ses filles de 5 et 18 mois, Karine, 33 ans, a opté pour la garde alternée: deux à trois jours chez l'un puis chez l'autre. "Le papa voulait faire une semaine sur deux, mais le temps de séparation pour la plus jeune me semblait trop long."  

Pour le docteur Lévy-Soussan, la garde alternée avec un petit de moins de six ans est à proscrire. "Ces changements trop répétés empêchent l'enfant d'avoir un 'chez-lui'. C'est un mode de garde pensé pour des ados! Chez les jeunes enfants, le rapport à la mère est "asymétrique" par rapport au père, du fait, notamment des interactions précoces qui se sont déroulées dès la vie intra-utérine. Mieux vaut privilégier le repère fixe chez la mère. Plus ce repère sera ancré, moins l'enfant aura de mal à la quitter ensuite."  

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Selon le médecin, rapport "asymétrique" ne signifie pas "inégalitaire". Le lien avec le père doit se construire sur une échelle de temps moins importante mais plus fréquente. "Mieux vaut moins de temps de qualité que plus de temps vécu dans l'angoisse par le petit du fait d'incessants changements de repères", estime-t-il.  

Sociologue de la famille, Sylvie Cadolle rappelle que, sur cette question de la garde alternée, "les psys restent très prudents". Et de signaler que la période privilégiée par les parents pour ce mode de fonctionnement reste la période 6-12 ans. "Selon les derniers chiffres, seuls 13% des moins de six ans sont en garde alternée. Avant deux ans, cela concerne moins de 5% des petits." 

Comment faire avec un logement plus petit?

Qui dit séparation dit, le plus souvent, baisse des ressources. Ainsi Karine a-t-elle dû quitter le trois-pièces conjugal pour un deux-pièces... avec une seule chambre. "Je dors sur le canapé-lit du salon. C'est d'ailleurs ce qui a prévalu au choix de cet appartement. Ma pièce à vivre est riquiqui mais la chambre des filles est grande." Pour le docteur Lévy-Soussan, il ne faut pas culpabiliser de partager, dans un premier temps, sa chambre avec un tout-petit. "Il faut aller au rythme de son niveau de vie"  

Quelle place pour les grands-parents?

Dans une logique où le temps des parents est déjà partagé, quelle place laisser aux grands-parents? "Je culpabilise déjà de laisser ma fille quand c'est sur mon temps, donc je reste avec elle quand nous allons chez mes parents", explique Clémence. Pour le docteur Lévy-Soussan, mieux vaut éviter de multiplier les changements de repères. "Un grand-parent est important mais n'a pas la priorité sur le conjoint", rappelle-t-il.  

Confier son petit à ses parents alors que l'ex pourrait dépanner? "Cela donne juste l'illusion de garder le contrôle", prévient Gérard Poussin. S'il est toujours appréciable de souffler, une dimension n'est toutefois pas déléguable : le rôle éducatif. "Un grand-parent ne doit pas jouer le rôle de parent.", rappelle le docteur Lévy-Soussan. 

Quand présenter un nouveau conjoint?

Si Karine est partie, c'est aussi parce qu'elle a rencontré un nouvel amour. Mais si elle a envie de "construire" avec lui, le présenter à ses enfants lui semble prématurée. "Il a vu une fois ma fille mais... elle dormait et il est parti avant son réveil." Pour Gérard Poussin, "mieux vaut attendre d'être sûre que la relation soit viable.  

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D'autant que, pour un bébé, il y a risque de confusion: en matière d'autorité, qui est finalement le plus légitime? Le parent ou le nouveau conjoint?". Visiblement, les chiffres donnent à penser que la plupart des parents voit le temps comme un allié nécessaire. "L'INSEE indique qu'il existe une moyenne de six années d'écart entre les enfants de la première et de la deuxième union", souligne la sociologue Sylvie Cadolle. 

Former une famille, malgré tout?

Divorcer avec un enfant en bas-âge donne le sentiment de mettre un coup d'arrêt à la vie de famille... avant même que celle-là ait vraiment commencé. A la question de savoir s'il faut néanmoins mettre en place des activités communes avec son ancien conjoint, le docteur Lévy-Soussan se montre sceptique: "L'enfant ne rêve que d'une chose, que ses parents se remettent ensemble. Faire 'comme si' risque de le maintenir dans une sorte d'illusion. Il faut lui montrer que la séparation est une décision d'adultes, qu'une page se tourne." Et le pédopsychiatre de conclure: "Ce sera le début d'une autre vie, certes. Mais qui, au moins, ne sera pas un simulacre."